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Yeux rougesLes yeux rouges

Les allergies alimentaires au camp de jour

Les camps de jour sont d’emblée un lieu inquiétant pour les parents qui ont des enfants qui ont des allergies alimentaires. Les moniteurs sont souvent des jeunes étudiants qui sont parfois très responsables, parfois un peu moins… Les camps de jour sont aussi d’une durée beaucoup plus courte que celle d’une année scolaire. Il y a donc moins de temps pour y développer de bonnes habitudes par rapport à la gestion des allergies alimentaires.

Mais ils sont aussi un endroit agréable pour les petits, un endroit où ils retrouvent leurs amis, où ils font une foule d’activités en plein air qui leur permettent de profiter pleinement de l’été. Comment faire pour qu’ils y soient en sécurité ?

Lundi. Première prise.

Le premier jour de la première semaine de camp, j’ai reçu à mon bureau le téléphone d’une responsable, un peu après midi. Le coup de téléphone que tout parent d’enfant allergique redoute autour de l’heure du repas.

Charles-Antoine avait l’œil rouge et passablement enflé. La raison ? Une collation de « crottes de fromages » avait été servie aux enfants… Bien sûr, mon garçon, bien conscient de son allergie aux produits laitiers, n’en avait pas mangé, mais des traces de fromage ont dû faire leur chemin d’une façon ou d’une autre, entre les doigts de ses amis et ses grands yeux bruns particulièrement sensibles.

La monitrice m’a ensuite passé mon petit Charlot au téléphone. Il parlait avec un mince filet de voix et j’avais du mal à le comprendre à l’autre bout de la ligne. Il semblait ébranlé. Il était au bord des larmes. J’ai tenté de le rassurer, mais j’étais inquiète, moi aussi.

J’ai finalement dû mettre un terme à ma journée de travail et aller le chercher. Malgré son antihistaminique, son œil s’était irrité et il était vraiment trop inconfortable. Il a passé le restant de l’après-midi tout penaud, avec une débarbouillette mouillée sur l’œil.

La monitrice m’a dit qu’ils redoubleraient de prudence pour les prochains jours. Cela m’avait bien rassurée et j’ai pris cette mésaventure comme une simple malchance circonstancielle.

Mardi. Deuxième prise.

Le deuxième jour du camp, j’ai aussi reçu un appel de la monitrice, encore une fois tout juste après le dîner. Lorsque j’ai vu ce numéro de téléphone sur mon afficheur, j’ai senti mon cœur s’arrêter de battre pendant quelques secondes dans ma poitrine…

Il y avait encore eu un petit problème. Charles-Antoine, de sa petite voix, m’a raconté qu’un ami, qui mangeait des sandwiches aux œufs, lui avait touché le bras pendant le dîner. Cela avait fait un peu d’urticaire au point de contact.

Il s’était gratté et il s’en était encore probablement mis le doigt dans l‘œil par accident. Celui-ci était de nouveau rouge et enflé. Mais cette fois, la réaction était moins prononcée et il a pu terminer la journée avec ses amis.

Mercredi. Troisième prise ?

Pour éviter un troisième incident, la monitrice, une jeune femme très dynamique et soucieuse que le camp se déroule bien, m’a proposé la solution suivante : que Charles-Antoine mange sa collation et son dîner tout seul avec elle, dans son bureau.

De cette façon, son environnement serait mieux contrôlé et le danger serait, à toutes fins utiles, écarté. La logique était implacable. Pourquoi mettre la santé de mon garçon inutilement en danger, alors qu’il est si simple de le mettre à l’écart pendant un petit moment ?

Vous savez quoi ?... J’ai refusé.

Exclure l’exclu ?

Je lui ai expliqué que les enfants qui souffrent d’allergies alimentaires sont déjà largement pénalisés : ils ne peuvent manger la même chose que les autres, ils ne peuvent généralement pas participer aux activités spéciales lorsqu’il y a de la nourriture, ils doivent constamment être prudents… Pourquoi en rajouter ?

La nourriture, ce n’est pas que le carburant que l’on met dans son corps. La période de repas, pour un petit garçon de sept ans, c’est surtout l’occasion de socialiser, de se faire des amis, de discuter, bref de se forger une personnalité. Un petit garçon de sept ans, c’est quelqu’un qui est en train de se définir, d’apprendre à penser et surtout qui commence beaucoup à se comparer aux autres…

S’il avait fallu qu’il mange dans un autre local, complètement à part, je crois qu’il se serait senti puni. C’est pourquoi j’ai tenté de trouver d’autres solutions avec la monitrice. Je lui ai demandé :

« - Pourquoi ne pas expliquer à tous les amis les dangers des allergies de Charles-Antoine ? Oui, les allergies, ça fait peur. Oui, c’est très dangereux. Mais si on comprend bien comment agir, si on sait quelles sont les précautions à prendre, peut-être qu’il est possible de passer par dessus et d’offrir à Charlot un semblant de normalité au moment des repas… »

La monitrice a été très réceptive et franchement enthousiaste à l’idée d’œuvrer dans cette direction. Dans les minutes qui ont suivi, elle est allée donner un cours d’allergies 101 aux petits amis. Elle leur a parlé de l’importance de bien se laver les mains, d’éviter de toucher Charles-Antoine en mangeant… De notre côté, nous avons mis un napperon dans sa boîte à lunch, afin qu’il puisse manger sur une surface sécuritaire.

Évidemment, ce n’est pas toujours possible d’agir de la sorte. Ce n’est pas tout le monde qui est aussi réceptif que la monitrice de ce camp de jour. Mais, dans la mesure du possible, nous essayons d’éviter les situations d’exclusion en privilégiant des méthodes qui relèvent davantage de l’éducation.

Ce sont aussi des solutions qui auront des effets bénéfiques à long terme. En éduquant les gens avec délicatesse, en leur apportant des solutions moins contraignantes que de contrôler les boîtes à lunch de tout le monde, cela contribuera à coup sûr à une meilleure compréhension des allergies alimentaires.

Et cela permettra aussi d’éviter que les enfants ne se sentent injustement puni pour quelque chose dont ils ne sont pas responsables.

La fin de la semaine au camp de jour

Grâce à ces nouvelles précautions, les deux journées suivantes se sont bien déroulées. Du plaisir, des baignades, des activités amusantes, tout ce dont un petit garçon peut rêver en plein cœur de l’été…

Il est maintenant 13h, vendredi. L’heure du dîner doit maintenant s’achever et toujours pas d’appel du camp de jour. Je touche du bois. La semaine devrait bien se terminer…

J’espère que Charles-Antoine reviendra ce soir de son camp de jour avec les yeux… remplis de bonheur !

Vous avez vécu des aventures avec les allergies alimentaires de votre enfant au camp de jour ? Écrivez-nous ! Vos histoires sont toujours utiles pour les autres parents !

 

Julie La Rochelle
Jean-Sébastien Lord

Patissière
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COMMENTAIRES :

Timbre
Bonjour,

L’an passé mon fils Marc-Antoine était en 6e année et à tous les ans les 6e année vont en classe neige 1 semaine au camp Minogami. Mon fils est allergique aux produits laitiers, aux oeufs et aux arachides. Je ne voulais pas qu’il soit mis à part alors j’aidécidé de l’envoyer quand même. Ce n’était pas la première fois qu’il voyageait mais sans moi, oui.

J’ai alors appelé le camp pour le dire que je lui préparerais ses repas. C’est alors qu’ils m’ont dit que ce n’était pas necessaire et qu’il n,y aurait pas de problème qu’il était habitué. J’ai eu de la difficulté à les croire. Je leur ai dit il y a juste une sorte de margarine qu’il peut prendre et il m’ont répondu on le sait c’est la “Nuvel”. Je me suis aperçu qu’il connaissait leur affaire.

La semaine c’est très bien passé et au retour je les ai appelé pour les remercier et ça leur a fait chaud au coeur.

Merci encore au camp Minigami !

Josée

Timbre
Merci d’avoir partagé une tranche de votre vie avec l’article sur les camps de jour; je l’ai lu avec la chair de poule et les yeux plein d’eau; ma fille de quatre ans et demi est allergique aux œufs et aux pois verts et je suis moi-même allergique aux noix et arachides; vous êtes de toutes nos festivités avec vos produits, donc.

Je suis également une lectrice fervente de vos infolettres.

Félicitations pour ce travail monstre pour tous ceux d’entre nous qui vivons avec des allergies.


Guyane P.






 


Les Aliments Ange-Gardien est une entreprise de Boucherville qui produit des desserts et des collations spécialement
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