
Pâques et les allergies alimentaires
« - Maman, pourquoi le lapin de Pâques ne passe jamais à la maison ?
- Bien oui, il passe, il te laisse toujours des beaux petits cadeaux…
- Oui, mais je n’ai jamais de chocolats comme mes amis. »
Mon petit Charlot avait toujours un peu de peine le matin de Pâques… Il voyait dans les pharmacies et dans les épiceries tous les beaux chocolats qui lui étaient interdits. Il ne disait rien, mais je voyais bien dans son regard que cela le rendait triste. Il y de ces petites injustices dans la vie qui laissent des traces et que l’on aimerait bien réussir à contourner…
Les premiers paniers de Pâques
Les premières années, j’ai tenté de faire des chocolats moi-même, à la maison. J’avais acheté des petits moules dans lesquels j’avais fait fondre des brisures de chocolats que j’avais commandé par internet à prix d’or. Les petits lapins que j’avais réussi à faire de cette manière étaient ridicules, blanchis à certains endroits, et la plupart s’étaient brisés avant même de pouvoir se rendre jusqu’au panier de Pâques. J’ai compris qu’on ne pouvait pas s’improviser chocolatière aussi facilement… Cette année-là, j’étais complètement découragée : j’aurais tant aimé que mon petit Charles-Antoine puisse profiter de son matin de Pâques comme tous les autres enfants…
Le lendemain, il était tout de même bien heureux de découvrir ses petits chocolats, mais, au plus profond de moi-même, je savais qu’un jour, je pourrais faire mieux. Les œufs, les produits laitiers, les arachides et les noix ne font pas partie des ingrédients essentiels pour produire du bon chocolat. Il était donc théoriquement possible d’en arriver à un bien meilleur résultat !
L’année suivante, j’avais commandé des chocolats d’une chocolaterie du New Jersey. Résultat : ils sont arrivés tous brisés… au mois de juin ! Par dépit, j’avais transformé ces petits morceaux de chocolats en fondue, qui, avec le taux de change et les frais de douane, avait fini par coûter plus de cent trente dollars. Encore une fois ce fut un échec. Évidemment, Pâques était passé depuis fort longtemps… Cette année là ce fut un toutou en forme de lapin et quelques petits jouets qui remplirent le petit panier de mon garçon. Toujours pas de chocolat digne de ce nom !
Prendre le lapin par les oreilles (ou le taureau par les cornes…)
Puis, quelques années plus tard, j’ai fondé les aliments Ange-Gardien. Au départ, nous ne faisions que des produits de boulangerie et il n’était pas dans nos plans de produire du chocolat à court terme. Cette année-là, après la frénésie de Noël, nous allions entrer dans une période un peu trop tranquille. J’étais même sur le point de devoir faire des coupures dans notre personnel, lorsque j’ai eu une idée : Pâques approchait, pourquoi ne ferions-nous pas du chocolat ?
D’un seul coup, toute notre équipe s’est retrouvée galvanisée par la perspective de cette nouvelle aventure. Je me suis évidemment d’abord assurée qu’il était possible d’offrir du chocolat qui serait aussi sécuritaire que nos autres produits pour les personnes allergiques. Ce fut une démarche complexe qui, après beaucoup d’efforts et de recherches, fut couronnée de succès. Il faut dire que notre protocole concernant les allergies alimentaires est, depuis la fondation de l’entreprise, des plus rigoureux et nous n’offrons pas de nouveaux produits sans pouvoir nous assurer de leur sécurité.
Nous avons ensuite suivi un cours accéléré en chocolaterie et nous nous sommes mis la main à la pâte pour réaliser ce nouveau défi. L’enthousiasme de nos nouveaux chocolatiers était contagieux ! Nous avons acquis de nouveaux équipements et nous avons préparé nos emballages, tout cela en un temps record.
Nos chocolats furent prêts quelques semaines seulement avant Pâques. Nous étions conscients qu’il était bien tard pour proposer un tel produit et que les démarches entreprises n’allaient probablement porter fruit que l’année suivante…
Aussitôt le premier lapin terminé et emballé, nous l’avons pris en photo et nous l’avons mis en vente sur notre boutique en ligne. L’engouement fut tel que nous avons eu de la difficulté à répondre à la demande… En effet, nos premiers lapins de Pâques furent expédiés de Vancouver jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine !
On nous a même raconté que certains enfants n’avaient eu aucune réaction en voyant leur lapin en chocolat. Ils ont tout simplement cru que le Lapin de Pâques s’était trompé et qu’il leur avait livré un lapin qu’ils ne pouvaient pas manger. Puis, ils ont vu le logo des aliments Ange-Gardien et leur visage s’est illuminé ! Ils alors compris que ce chocolat était aussi pour eux…
Nous avons ensuite reçu une multitude de photos d’enfants qui dégustaient avec plaisir le premier morceau de chocolat de leur vie... Il s’agit de moments comme ceux-ci qui font en sorte que je suis vraiment fière de ce que nous avons accompli avec cette entreprise.
Le premier vrai chocolat !
Cette année-là, le matin de Pâques, notre grand garçon s’est levé. Il a vu un beau gros lapin de Pâques en chocolat dans son panier en osier. Comble du bonheur, celui-ci était sans danger pour lui... Il était si heureux qu’il sautait de joie ! J’ai encore, gravées dans ma mémoire, les images de mon petit bonhomme qui suçait avidement les oreilles de son lapin, avec sa bouche barbouillée de ce précieux chocolat.
Son petit frère, maintenant en âge d’apprécier les présents du Grand Lapin de Pâques, était tout aussi heureux de découvrir ce chocolat dans son panier… Lui, qui n’a pas d’allergies alimentaires, avait déjà eu la chance de goûter à d’autres sortes de chocolat. Mais, depuis toujours, celui qu’il préfère, c’est le chocolat des aliments Ange-Gardien !
Joyeuses Pâques à tous !
Julie La Rochelle
Jean-Sébastien Lord
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Julie La Rochelle
Jean-Sébastien Lord

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COMMENTAIRES :

ma grande de 17 ans (celle avec un chevalier qui se brosse les dents!!!) a toujours mentionné haut et fort qu'elle était chanceuse car ses cadeaux de Pâques n'était pas périssable et restait après ....mais elle attends cette année un vrai chocolat et se dit maintenant amateure de chocolat! d'ailleurs la recette de fondue au chocolat et lait de coco de votre premier livre, lorsque réfrigéré est une bonne tartinade....que ma voisine, non-allergique, met elle aussi sur ses rôties du matin!
Sylvie Maurice

Bonsoir Julie ,
Premier coco, et oui, j'en ai trouvé chez métro quelle bonheur. Cette année, pour la première fois, en même temps que tous le monde. Mikaël aura son premier coco de Pâques.
Je suis moi même allergique aux arachides et aux noix. Mon fils de 7ans est allergique aux oeufs, laits, moutarde et sésames. Je voudrais de tout coeur vous remercier d'avoir fondé Les aliments ange gardien, d'avoir écrit votre volume de cuisine, juste le titre m'a fait avoir les larmes aux yeux. Vous lire et lire en préface Isabelle Huot me fait du bien et de la peine en même temps. Je me revois enfants dans vos histoires et aussi je vous comprend, l'angoisse maternel est étouffante ! Seule une mère d'enfant allergique peut comprendre ce que vous vivez réellement et imagine moi qui est en plus allergique c'est à devenir complètement dingue !
Bonne continuité
Mélanie et Mikaël :)
Sylvie Maurice

